fabrique de poterie artisanale en terre vernissee

Personne ne peut dater avec précision le début de l’activité potière de Cliousclat mais les premières traces écrites remontent au début du X siècle. L'argile y est depuis toujours abondante et d'excellente qualité.
On peut penser qu’il y a très longtemps les habitants de Cliou faisaient des poteries pour leurs propres besoins. Mais peu à peu, grâce à la qualité de la terre et à la renommée, la production s’étend hors de la commune.
Dès le XVII siècle, Cliousclat connaît un bel essor à une époque où, hormis le verre bien trop cher, on ne connaissait rien d’autre que l’argile pour fabriquer des ustensiles destinés à contenir et conserver les aliments (biches, seilles, faisselles et faisseliers, truchets, pots à conserve...). Les potiers de Cliousclat ont donc toujours fabriqué une poterie utilitaire.
Au milieu du XIX, une cinquantaine de potiers indépendants et 10 patrons fours à bois sont recensés dans le village où environ une centaine de villageois fabriquent et cuisent chaque semaine 200m3 de pièces utilitaires qui se vendent dans toute la région, le village bénéficiant d’un bon emplacement à proximité du Rhône, d’une voie de chemin de fer et de l’axe de communication Nord-Sud.
Les producteurs de marrons glacés de Privas, de fruits confits d’Apt ou d’huile d’olive de Nyons ne cesseront de vanter cette poterie utilitaire, d’autant que cette terre ne donne pas de goût.
On peut alors imaginer ce petit village de 800 âmes comme une ruche où tous les villageois travaillent autour de la terre jour et nuit. D’un côté les caves ou boutiques : presque chaque famille y possède un tour, le carabetier, l’épicier ou le paysan tournent. De l’autre les patrons de four qui achètent aux tourneurs indépendants leur fabrication crue sortie de la cave. Viennent ensuite les patrons de fours, éparpillés dans le village, qui achètent des poteries crues afin de les vernir, les cuire et les vendre.
Bien d’autres métiers, perdus depuis, gravitent autour de cette production.
Tout d’abord, les délaveurs de terre qui fournissent aux boutiques l’argile extraite à la pelle et la pioche des carrières environnantes, lavée puis gardée à l’ombre des caves où elle conserve toute son humidité et ses qualités.
Le travail était fort long, il fallait mettre une certaine quantité de pelles (entre 150 et 200) dans le bourlo, puis délayer cette terre avec de l’eau. Cette barbotine était ensuite tamisée afin d’enlever les impuretés et les déchets puis déversée dans les bassins. Il fallait entre 10 et 15 bourlo pour remplir un bassin et environ 2 h pour faire un bourlo. Après on laissait sécher l’argile au soleil puis sous l’activité du soleil, elle se fendait en blocs prêts à être stockés à la cave.
Puis les bouscatiers qui livrent les fagots nécessaires à la cuisson, et enfin les charretiers qui apportent le vernis et les oxydes pour la coloration des pièces.
Que de vie dans ce village où les potiers vont et viennent la planche sur l’épaule en équilibre !
Textes et images empruntés au livre “Poteries et potiers. Cliousclat Drôme”.
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